L'invocation à dire après l'adhan ? - Cheikh Ibn Baz rahimahoullah
Question :
On rapporte que l’auditeur du mu’adhdhin (celui qui appelle à la prière) dit cette invocation : « Je me contente d’Allah comme Seigneur, de Muhammad comme Messager, et de l’Islam comme religion ». Est-ce que cela se dit juste après l’adhān ?
Réponse :
Il est authentiquement rapporté du Messager d’Allah ﷺ qu’il a ordonné de répondre au mu’adhdhin. Dans les deux Ṣaḥīḥ, d’après Abū Sa‘īd, le Prophète ﷺ a dit :
« Lorsque vous entendez le mu’adhdhin, dites comme ce qu’il dit. »
Et dans Ṣaḥīḥ Muslim, d’après ‘Abdullāh ibn ‘Amr ibn al-‘Āṣ – qu’Allah les agrée tous deux –, le Prophète ﷺ a dit :
« Lorsque vous entendez le mu’adhdhin, dites comme ce qu’il dit. Ensuite, priez sur moi, car celui qui prie sur moi une seule fois, Allah prie sur lui dix fois. Puis demandez à Allah pour moi la Wasīla, car elle est une position au Paradis qui ne convient qu’à un seul serviteur parmi les serviteurs d’Allah, et j’espère être ce serviteur. Et quiconque demande à Allah pour moi la Wasīla, mon intercession lui sera rendue licite. »
Et dans le hadith de Jābir ibn ‘Abdillāh, rapporté par Al-Bukhārī – qu’Allah lui fasse miséricorde – le Prophète ﷺ a dit :
« Celui qui dit, lorsqu’il entend l’appel :
Ô Allah, Seigneur de cet appel parfait et de cette prière qui va être accomplie, accorde à Muhammad la Wasīla et la vertu, et ressuscite-le à la station louée que Tu lui as promise,
alors mon intercession lui sera rendue licite au Jour de la Résurrection. » (Rapporté par Al-Bukhārī dans son Ṣaḥīḥ).
Et certaines personnes y ajoutent : « et le degré élevé » (wa ad-darajata r-rafī‘a). Or cela n’a pas d’origine ; cela ne figure pas dans la transmission. On le trouve dans certains livres, mais cela n’a pas de base. Le degré élevé, c’est justement la Wasīla. La Wasīla est le degré élevé, et c’est son explication. Le hadith ne comporte que la Wasīla et la vertu (al-faḍīla), et non pas le degré élevé, comme on l’entend parfois dans la bouche de certaines personnes, ou dans les écrits de certains.
La Sunna est donc de dire exactement cela. Et il dit au moment des deux attestations, lorsque le mu’adhdhin dit : Ashhadu an lā ilāha illā Allāh, ashhadu anna Muḥammadan Rasūlullāh, alors celui qui répond dit la même chose : Ashhadu an lā ilāha illā Allāh, ashhadu anna Muḥammadan Rasūlullāh. Puis il dit : Ashhadu an lā ilāha illā Allāh waḥdahu lā sharīka lah, wa ashhadu anna Muḥammadan ‘abduhu wa rasūluh. Et il dit à ce moment-là : Je me contente d’Allah comme Seigneur, de l’Islam comme religion, et de Muhammad comme Messager.
Ainsi est rapporté du Prophète ﷺ au moment des attestations. Ce hadith est rapporté par Muslim dans son Ṣaḥīḥ d’après Sa‘d ibn Abī Waqqāṣ – qu’Allah l’agrée – que le Prophète ﷺ a dit :
« Celui qui dit, lorsque le mu’adhdhin dit : Ashhadu an lā ilāha illā Allāh, ashhadu anna Muḥammadan Rasūlullāh – et moi je dis : Je me contente d’Allah comme Seigneur, de l’Islam comme religion et de Muhammad comme Messager – ses péchés lui seront pardonnés. »
Et dans une autre version :
« Lorsqu’il dit les attestations : Ashhadu an lā ilāha illā Allāh waḥdahu lā sharīka lah, wa ashhadu anna Muḥammadan ‘abduhu wa rasūluh, il dit alors : Je me contente d’Allah comme Seigneur, de l’Islam comme religion, et de Muhammad comme Messager. Ses péchés seront pardonnés, ou bien il a dit : ses péchés lui seront pardonnés. »
Cela montre donc qu’il est recommandé, au moment des deux attestations, de dire ces paroles : Je me contente d’Allah comme Seigneur, de l’Islam comme religion, et de Muhammad comme Messager.
Ainsi, lorsqu’il répond au mu’adhdhin qui dit : Ashhadu an lā ilāha illā Allāh, ashhadu an lā ilāha illā Allāh, ashhadu anna Muḥammadan Rasūlullāh, ashhadu anna Muḥammadan Rasūlullāh, il peut dire : Et moi je témoigne qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah, et je témoigne que Muhammad est le Messager d’Allah. Puis il ajoute : Je me contente d’Allah comme Seigneur, de l’Islam comme religion, et de Muhammad comme Messager.
Et lorsqu’il entend les ḥay‘alatayn (Ḥayya ‘ala ṣ-ṣalāh, Ḥayya ‘ala l-falāḥ), il dit : Lā ḥawla wa lā quwwata illā billāh (il n’y a de force ni de puissance qu’en Allah). Pour chacune, il dit cela. C’est ce qui est légiféré.
Et dans un hadith rapporté par Muslim, d’après ‘Umar, le Prophète ﷺ a dit :
« Celui qui dit cela sincèrement de son cœur entrera au Paradis. »
Celui qui dit ce rappel sincèrement de son cœur entrera au Paradis. C’est là un immense mérite.
Il convient donc de prendre soin d’écouter l’adhān. Certaines personnes l’entendent mais n’y prêtent aucune attention : c’est une privation d’un grand bien.
Ainsi, il est préférable, lorsque tu entends l’adhān, de cesser de parler et de lire, et de répondre au mu’adhdhin en répétant ce qu’il dit. Et au moment des deux attestations, tu ajoutes : Je me contente d’Allah comme Seigneur, de l’Islam comme religion, et de Muhammad comme Messager. Tu répètes les attestations et tu dis cela en même temps. Et lorsque tu entends les ḥay‘alatayn, tu dis : Lā ḥawla wa lā quwwata illā billāh. Puis, à la fin de l’adhān, tu pries sur le Prophète ﷺ, ensuite tu dis :
« Allāhumma Rabba hādhihi d-da‘wati t-tāmma wa ṣ-ṣalāti l-qā’ima, āti Muḥammadan al-Wasīlata wa l-Faḍīla, wab‘ath-hu maqāman maḥmūdan allaḏī wa‘adtahu. »
Comme le Prophète ﷺ y a guidé.
Source : Site Ibn Baz Officiel



