La prière à la mosquée est obligatoire – Cheikh Abderazzaq Al Badr

La prière en groupe à la mosquée obligatoire - Cheikh Abderazzaq Al Badr

Ibn Umm Maktûm était un noble compagnon, aveugle, qui ne voyait pas.
Il vint auprès du Prophète ﷺ pour lui demander la permission de prier chez lui, car il avait deux difficultés :

  1. Il était aveugle.

  2. Sa maison était éloignée de la mosquée.

Il demanda donc une dérogation pour prier dans sa maison.
Pourquoi Ibn Umm Maktûm a-t-il demandé cette permission ? Pourquoi a-t-il voulu une dispense ?

Parce que la prière en groupe à la mosquée était fermement ancrée dans le cœur des compagnons comme une obligation.
S’il s’agissait seulement d’une recommandation (sunna), il n’aurait pas eu besoin de demander une autorisation.
Mais puisque, pour eux tous, c’était une obligation confirmée, il demanda au Prophète ﷺ une permission spéciale.

Le Prophète ﷺ lui posa alors une question :
— « Est-ce que tu entends l’appel à la prière (adhân) ? »
— « Oui », répondit-il.
Le Prophète ﷺ dit alors :
— « Réponds-y. »
Et dans une autre version :
— « Je ne trouve pas de permission pour toi. »

Ô toi qui vois clair, qui habites près de la mosquée, et qui jouis d’un corps en bonne santé, prends garde !
Voici un compagnon, aveugle, éloigné de la mosquée, qui n’avait même pas toujours de guide pour l’accompagner, et pourtant le Prophète ﷺ lui dit :
— « Est-ce que tu entends ? »
— « Oui », répondit-il.
— « Alors réponds-y. »
Ou encore :
— « Je ne trouve pas de permission pour toi. »

Un jour, je traversai un village à l’est de Médine et je vis une corde tendue depuis une maison éloignée jusqu’à la porte de la mosquée.
Je demandai à l’un des habitants : « Qu’est-ce que c’est ? »
Il répondit : « Dans cette maison vit un homme aveugle. Il a attaché cette corde entre sa maison et la mosquée. Comme c’est un village avec de l’espace, il l’a posée au sol. Quand il sort de chez lui, il s’y accroche et avance jusqu’à la mosquée. Et quand il sort de la prière, il reprend la corde pour rentrer chez lui. Ainsi cinq fois par jour et par nuit, malgré sa cécité. »

Et pourtant, combien d’hommes voyants, forts et en bonne santé entendent l’appel : « Venez à la prière, venez au succès ! » mais font comme si cela ne les concernait pas. Comme si cet appel était adressé à d’autres et pas à eux. Quelle grande calamité !

Écoute maintenant ce hadith rapporté du Prophète ﷺ :

« J’ai failli ordonner que l’on appelle à la prière, puis qu’un homme dirige les fidèles, et que moi j’aille vers ceux qui n’assistent pas à la prière en groupe pour brûler leurs maisons avec du feu. »

Cela montre que la question est grave, très grave.
S’il s’agissait seulement d’une recommandation, il n’aurait pas tenu de tels propos. Mais c’est une obligation qu’Allah a prescrite à Ses serviteurs.

Écoute aussi ce hadith authentique rapporté par Ibn Mâja et d’autres :

« Celui qui entend l’appel : Allahu Akbar, Allahu Akbar, venez à la prière et qui n’y répond pas, sa prière n’est pas acceptée, sauf s’il a une excuse. »

Certains savants disent : « Sa prière n’est pas acceptée » (c’est-à-dire qu’elle est nulle).
D’autres disent : « Sa prière n’est pas complète. »
Dans les deux cas, cela prouve l’obligation de prier dans les mosquées, comme Allah l’a ordonné.

Le cheikh conclut ensuite par un récit très fort, rapporté dans Sahîh Muslim, de ‘Abd Allah ibn Mas‘ûd رضي الله عنه.

Il disait :

« Celui qui veut rencontrer Allah demain en musulman doit préserver ces prières là où elles sont appelées (c’est-à-dire dans les mosquées). Car Allah a légiféré pour votre Prophète les voies de la guidée, et ces prières en font partie.
Si vous priez dans vos maisons comme le fait celui qui se dérobe, vous aurez délaissé la Sunna de votre Prophète. Et si vous délaissez la Sunna de votre Prophète, vous serez égarés. »

Vois donc : Ibn Mas‘ûd considérait que délaisser la prière en groupe est une voie vers l’égarement, un abandon d’une Sunna capitale du Prophète ﷺ.

Puis il rappela les mérites de se rendre à la mosquée :

« Il n’y a pas un homme qui fasse ses ablutions avec soin, puis marche vers une mosquée parmi les mosquées, sans qu’Allah ne lui inscrive pour chaque pas une bonne action, ne lui élève d’un degré et ne lui efface un péché. »

Et lorsque la tribu de Banû Salima voulut se rapprocher de la mosquée du Prophète ﷺ, il leur dit :

« Ô Banû Salima, restez dans vos demeures, car vos pas sont inscrits. »

C’est-à-dire : chaque pas que vous faites vers la mosquée est une récompense et une élévation auprès d’Allah.

Ibn Mas‘ûd disait encore :

« À notre époque, personne ne s’absentait de la prière en groupe sauf un hypocrite connu pour son hypocrisie. »

Et il ajouta :

« On amenait parfois un homme qui ne pouvait plus marcher, soutenu entre deux hommes, jusqu’à ce qu’on le place dans le rang. »
Même affaibli, il ne restait pas chez lui.

Et aujourd’hui, combien de gens en parfaite santé ratent la prière en mosquée pour des futilités : une tasse de thé, un jeu, un film interdit, un bavardage ou encore pour leur commerce et leurs affaires.

Alors qu’Allah dit à propos des vrais croyants :

« Des hommes que ni le commerce ni la vente ne distraient du rappel d’Allah, de l’accomplissement de la prière et du paiement de la zakat. Ils redoutent un jour où les cœurs et les regards seront bouleversés, afin qu’Allah les récompense du meilleur de ce qu’ils ont fait et qu’Il leur accorde davantage de Sa grâce. Et Allah accorde Sa subsistance à qui Il veut sans compter. » (Sourate An-Nûr, v.37-38)

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