Est-il permis de leur partager l’héritage de son vivant ? – Cheikh Rouhayli

Est-il permis de leur partager l’héritage de son vivant ? - Cheikh Rouhayli

Question :
« Qu’Allah vous récompense par le bien. Celui-ci dit : Il a des enfants et il craint pour eux les conflits après sa mort. Est-il permis de leur partager l’héritage de son vivant ? Et est-il permis de donner à l’un plus qu’aux autres sous prétexte qu’il a été pieux et bienfaisant envers lui ? »

Réponse :
Premièrement, mes frères, nous devons avoir la certitude que le Protecteur, c’est Allah, et qu’il faut avoir une bonne opinion de notre Seigneur. Parmi les signes de faiblesse de la certitude, du tawakkul (la confiance) et de la bonne opinion envers Allah, il y a le fait que certains viennent dire : Je crains pour mes enfants après moi.
Mais sache que Allah est plus Miséricordieux envers eux que toi-même, et Il est plus capable, exalté soit-Il, de leur être bénéfique. Aie donc une certitude totale en ton Seigneur, place ta confiance en Lui et tourne-toi vers Allah, qu’Il soit glorifié et exalté.

Deuxièmement, nous avons vu précédemment qu’il est déconseillé de partager les biens selon les règles de l’héritage de son vivant, sauf s’il y a une nécessité. Par exemple, si la personne constate que s’il laisse l’héritage après sa mort, ses enfants vont se battre à cause de cela ou priver un faible de son droit, alors il peut partager son héritage de son vivant, avec équité, comme Allah l’a prescrit, et cela est permis sans que cela soit déconseillé.

Mais sans nécessité, mes frères, c’est déconseillé, car l’homme ne sait pas ce que l’avenir lui réserve. Peut-être qu’il partage ses biens entre ses enfants alors qu’ils sont pieux et vertueux, puis ils deviennent désobéissants ou le délaissent et s’éloignent de lui. Il se peut aussi qu’il tombe malade et ait besoin de cet argent. Donc, en cas de nécessité, cela est permis sans réprobation, à condition de partager les biens selon ce qu’Allah a ordonné : il ne faut priver aucun héritier, ni en avantager un par rapport aux autres.

Et le fait qu’un enfant soit pieux ou bienfaisant n’est pas une raison valable pour lui donner plus que ses frères, ni dans l’héritage ni même dans les dons : la piété et la bonté filiale sont des actes d’obéissance, mais elles ne justifient pas de préférence. Même dans les donations, il n’est pas permis de préférer un enfant pour ce motif. Si cela est fait, ce favoritisme est interdit.

Je demande à Allah de nous guider, vous et nous, vers le droit chemin, de nous rendre fermes sur la pratique de Sa Législation et de nous accorder la compréhension de notre religion.

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